Renouvellement VMware : les quatre options, chiffrées
Infrastructure
Depuis le rachat de VMware par Broadcom, la question n'est plus de savoir si votre facture de virtualisation va augmenter, mais de combien — et ce que vous décidez d'en faire. Les licences perpétuelles ont disparu : VMware se vend désormais uniquement par abonnement, facturé au cœur processeur, avec un plancher de seize cœurs par processeur, que vous les utilisiez ou non.
Pour un parc de trois à dix hôtes — la taille que nous rencontrons le plus souvent dans les banques, les opérateurs télécoms et les sociétés de services pétroliers de la zone —, les retours publiés font état de factures multipliées par deux à trois au passage à l'abonnement. Ce n'est plus une ligne budgétaire que l'on reconduit sans la relire.
Ce qui a changé, concrètement
- Plus de licence perpétuelle. Ce que vous aviez acheté une fois se loue désormais. Une non-reconduction ne coupe pas vos machines virtuelles, mais elle vous prive des correctifs de sécurité et du support — c'est-à-dire du droit de rester en production sereinement.
- Facturation au cœur, plancher de seize. Un serveur bi-processeur équipé de processeurs à huit cœurs est facturé comme s'il en comptait trente-deux. Les parcs bâtis sur beaucoup de petits hôtes sont les plus pénalisés, alors que ce sont souvent les plus anciens.
- Regroupement en offres. Les composants sont vendus en ensembles : vous financez des briques que vous n'aviez pas prévu d'exploiter.
Les quatre trajectoires possibles
1. Renouveler chez Broadcom
C'est l'option la plus simple et la plus chère. Elle se défend quand votre plateforme est fortement intégrée — NSX, vSAN, automatisation maison — et que le coût d'une migration dépasserait la surfacturation sur trois ans. À condition de faire ce calcul, et non de le supposer : demandez le devis avant de trancher, pas après.
2. Rester sur VMware, mais chez un infogéreur
Un prestataire qui achète à l'échelle vous revend la capacité à un tarif que vous n'obtiendriez pas seul. Vous gardez vos compétences et vos procédures. En contrepartie, vous déplacez une partie de la maîtrise — et il faut regarder de près où vos machines s'exécutent réellement, ce qui n'est pas neutre pour un établissement soumis à des exigences de localisation des données.
3. Migrer vers Nutanix AHV
C'est aujourd'hui la porte de sortie la plus empruntée par les entreprises qui veulent une pile d'entreprise comparable sans tout ré-architecturer : l'hyperviseur AHV est inclus, et la profondeur d'administration est du même ordre. Le prix à payer est un changement d'outillage pour vos équipes, et une bascule à planifier machine par machine.
4. Migrer vers Proxmox VE, Hyper-V ou OpenShift Virtualization
Proxmox VE est nettement moins cher et sa progression est spectaculaire ; c'est aussi celui qui vous laisse le plus seul, parce que l'écosystème d'intégrateurs et de pièces de rechange contractuelles n'est pas encore installé partout. Hyper-V se défend bien quand vous êtes déjà lourdement équipé en Microsoft. OpenShift Virtualization n'a de sens que si vous alliez de toute façon vers les conteneurs.
La question que personne ne pose : vos sauvegardes suivent-elles ?
C'est le point qui fait dérailler les migrations. Vos points de restauration ont été pris sur ESXi ; ils ne se restaurent pas tels quels sur un autre hyperviseur. Avant d'arrêter un choix, vérifiez trois choses auprès de votre outil de sauvegarde — Veeam, Veritas NetBackup, ce que vous utilisez :
- l'hyperviseur cible est-il pris en charge par la version que vous avez, ou seulement par une version supérieure payante ;
- que devient l'historique déjà stocké : reste-t-il restaurable après la bascule, et pendant combien de temps ;
- une restauration réelle a-t-elle été testée — pas décrite dans une fiche produit, testée chez vous, chronomètre en main.
Une migration d'hyperviseur qui réussit techniquement mais qui vous laisse trois ans d'archives illisibles est un échec.
Ce que ça change en Afrique centrale
Deux paramètres locaux pèsent lourd dans l'arbitrage, et n'apparaissent dans aucun comparatif international. Le premier est l'approvisionnement : renouveler des hôtes pour réduire le nombre de cœurs facturés suppose des délais de livraison et un stock de pièces de rechange accessibles depuis Brazzaville ou Pointe-Noire. Le second est la compétence : changer d'hyperviseur, c'est former vos administrateurs, et prévoir la période pendant laquelle ils seront moins rapides qu'avant sur un incident.
Par où commencer
- Sortez l'inventaire exact : hôtes, processeurs, cœurs par processeur, dates de fin de contrat.
- Demandez le devis de reconduction. Sans ce chiffre, aucune comparaison n'a de sens.
- Listez ce qui vous attache à VMware : fonctions réellement utilisées, scripts, intégrations de sauvegarde et de supervision.
- Testez une restauration avant de décider, pas après la bascule.
Nous réalisons cet état des lieux en deux à cinq jours, avec un rapport d'audit et un plan d'action hiérarchisé. La conclusion n'est pas toujours « migrez » : elle est parfois « renouvelez, mais sur deux hôtes de moins ».
Sources
- VMware Licensing in 2026: How Costs Are Reshaping IT Strategy — Tasrie IT Services
- Navigating VMware Licensing Changes — Marco
- Ex-VMware customers explain why they migrated to Nutanix — The Register
- VMware in the post-Broadcom era — Cloud Magazin